DU DEVOIR DE PARRAINAGE DES ELUS
La puissance de l’opinion est-elle aussi antidémocratique ? C’est la question que nous pouvons nous poser à entendre la réticence de nos élus à accorder leur parrainage aux candidats à l’élection présidentielle. Il n’est pas rare de les entendre raconter qu’ils ont été catalogués en fonction du parrainage qu’ils ont accordé lors des précédentes échéances électorales. Mais alors, ce système est-il réellement incompatible avec l’exercice de la démocratie ? doit-on craindre une uniformisation de l’expression et partant, de la pensée, si tous les courants minoritaires sont exclus du débat ?
La cinquième république a institué l’élection du Président de la République au suffrage universel à deux tours. Pour être candidat, il faut recevoir le parrainage minimum de 500 élus. Mais leurs noms – tirés au sort –seront publiés et leur fait, à juste titre, craindre une publicité non souhaitée.
Si cette publication répond à un devoir de transparence juste et démocratique, il semble néanmoins qu’elle soit un frein considérable à la liberté d’expression et à l’exercice du pluralisme démocratique.
Refuser un parrainage à un « petit » candidat, c’est limiter l’expression politique à la voix des grands partis. C’est annihiler
Alors, que faire ?
Dédramatiser ce parrainage en accordant une confiance collective au parrain dans le simple respect de la pluralité démocratique en faisant savoir publiquement que « tel maire accorde son parrainage à tel candidat en accord avec la majorité de son conseil municipal par devoir républicain pour un véritable exercice de la démocratie, indépendamment de toute convergence d’idées ».
Le 9 mars 2007
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